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Écrit par Administrator   
Vendredi, 20 Mars 2009 07:00
L'eau de l'aquarium
Création : 13/01/07
Mise à jour : 23/03/07

L'eau est un élément très important puisque c'est dans ce liquide que les poissons évoluent. L'eau de l'aquarium n'est pas composée que de molécules d'eau, elle contient aussi tout un tas d'autres substances, minérales et organiques.
Pour évaluer la qualité d'une eau, on mesure différents paramètres qui correspondent à des quantités de substances dissoutes dans l'eau. Je n'aborderais dans ce sujet que les paramètres principaux utiles en aquariophilie.

I. L'eau de l'aquarium, une eau loin d'être pure :

L'eau pure est un concept totalement hypothétique, correspondant à un liquide qui ne serait composé que de molécules d'eau. Que ce soit dans la nature comme en laboratoire, il est impossible d'obtenir une eau pure, pour diverses raisons que nous évoquerons.

En fait l'eau de notre aquarium est une solution aqueuse : c'est un mélange d'eau pure, le solvant, dans lequel sont dissous diverses substances, les solutés. Ces différents solutés seront présents en différentes quantités, et c'est ce que mesurent les tests. On peut ainsi évaluer son acidité, sa dureté, etc

Voyons d'abord ce que contient l'eau de l'aquarium :

1. Les solutés présents dans l'eau de l'aquarium

L'eau de notre aquarium comporte de nombreux solutés qui ont différentes origines :
D'une part il y a tout un tas de substances qui sont présentes dans l'eau 'propre' que nous avons utilisé au départ. La plus évidente est le 'calcaire', qui révèle la présence de Calcium et de Carbonates dans l'eau. Mais il y a aussi du chlore dans l'eau de conduite, des minéraux qui dépendent de l'origine de l'eau : calcium, potassium, magnesium, sodium, etc. Il y a aussi parfois des résidus de pollution organiques comme les nitrates et phosphates (les bretons aquariophiles peuvent en témoigner...).
D'autre part il y a les substances que nous ajoutons dans cette eau : engrais, traitement de l'eau, etc. L'engrais apporte notamment des oligo éléments (Fer, Manganèse, Zinc, ...) et des macro éléments : potassium, magnésium, et éventuellement phosphates et nitrates si besoin. Les médicaments laissent souvent des traces dans l'eau du bac car les molécules sont pas toujours très vite dégradées, mais on ne s'attardera pas là dessus puisqu'en général un bac sain en sera dépourvu.
Il y a enfin les substances créées in situ dans l'aquarium : les déchets des poissons, la décomposition des plantes, etc. On citera notamment l'ammonium et les phosphates qui sont rejetés par les poissons, ainsi que les inhibitteurs de croissance et herbicides rejetés par les poissons et plantes.

Cas particulier : les gaz
Il y a aussi en solution de nombreux gaz dont les plus importants sont le dioxygène (O2) et le dioxyde de carbone (CO2). Mais on ne peut pas vraiment les classer dans les catégories précédentes, puisque qu'ils résultent d'un équilibre permanent avec les gaz de l'air au dessus du bac : si on retire du dioxygène (respiration) ou du CO2 (photosynthèse), l'air au dessus du bac en fournit à l'eau, et vice versa (ajout de CO2 ou rejet de dioxygène par les plantes). Cet équilibre est d'autant plus vérifié que le brassage de l'eau est important.

On va maintenant s'intéresser aux quantités de solutés dissous, révélés par la mesure des différents paramètres de l'eau

2. L'acidité de l'eau : mesure du pH

J'ai dit précédemment que l'eau pure n'existait pas : ceci est du au phénomène d'autoprotolyse de l'eau.

On définit le pH pour représenter l'acidité de l'eau, qui est en fait la quantité d'ions H+ : plus il y a d'ions H+, plus elle est acide. S'il y en a très peu, elle est dit basique. Une eau ni acide ni basique est dite neutre, et son pH est 7.
Si on l'acidifie, son pH diminue, et inversement.
On représente le tout sur une échelle, qui est à la base de la compréhension du pH, et que tout aquariophile devrait avoir rencontré au moins une fois pour comprendre ce que représente le pH de son aquarium :

La plupart des poissons vivent dans une eau neutre, dont le pH est entre 6,5 et 7,5. Toutefois certains préfèrent une eau légèrement basique (cichlidés des lacs africains, pH 8,5) ou légèrement acide (pH < 6 pour de nombreux poissons amazoniens).

On peut ajuster la valeur du pH en ajoutant des acides ou des bases, et il existe de nombreuses techniques de régulation de cet équilibre acides/bases. On y reviendra plus tard.

Un autre paramètre très important de l'eau de l'aquarium, à maitriser absolument :

2. La dureté de l'eau :

Il existe deux types de dureté: la dureté carbonatée (KH) et la dureté totale (GH). L'une correspond à la quantité de carbonate (calcaire) et l'autre à la quantité de Ca2+ et Mg2+. Ceci est théorique car les test sont en fait spécifiques à certaines substances, par exemple les tests en goutte ne révèlent que HCO3- pour le KH (mais HCO3- est la forme majoritaire des carbonates), et pour le GH ils révèlent en plus de Ca 2+ et Mg2+ les autres ions positifs comme Na + (mais autres ions positifs négligeables le plus souvent).

En fait ces deux types de duretés n'ont pas la même utilité :
le KH permet de connaitre le pouvoir tampon de l'eau (voir plus loin : dureté, pH et CO2)
le GH permet de connaitre la quantité d'ions présents dans l'eau, mais est avantageusement remplacée par un test de la conductivité (voir plus loin : conductivité).

Le plus souvent quand on parle de dureté d'une eau on parle en fait du KH : une eau est dite dure quand sa dureté carbonatée est élevée, et est dite douce quand sa dureté carbonatée est faible.

La plupart des poissons tolèrent une eau comprise entre KH 4 et KH 15, mais seront toujours bien plus à l'aise dans une eau qui leur convient, c'est très important si vous souhaitez les reproduire.

3. Nitrates et Nitrites :

Ce sont des ions qui résultent de la décomposition des déchets organiques. Ils deviennent toxiques pour les poissons à partir d'une certaine concentration.
Les nitrites sont toxiques en très faible quantité, les poissons les plus sensibles sont incommodées dès 0,5 ppm.
Les nitrates sont nettement moins toxiques, et heureusement car ils sont le résultat du cycle du carbone (voir plus loin) et tous les déchets azotés finissent ainsi par s'accumuler sous forme de nitrates. Ils sont donc le reflet de la pollution de l'eau de l'aquarium : le plus souvent quand on parle d'eau propre celà signifie qu'elle est pauvre en nitrates. Ils sont tolérés par la plupart de poissons jusqu'à 50ppm, voire plus, toutefois certains poissons y sont très sensibles.

Ces nitrates, contrairement aux nitrites, sont toutefois nécessaires à la croissance des plantes et des algues, et un taux nul n'est pas souhaitable. On considère le plus souvent qu'un taux de 10ppm est un bon compromis : suffisant pour les plantes, non dangereux pour les poissons, et assez faible pour enrayer la croissance des algues.

4. Les autres ions en solution : la conductivité

En fait on a fait le tour de quasiment tous les ions en solution, et c'est d'ailleurs pour ça qu'on se contente souvent de ces 5 paramètres. La plupart des autres solutés sont en quantité infimes, car les autres éléments ne sont généralement pas solubles. Je traiterais le cas particulier des éléments chélatés (comme le Fer) apportés par la fertilisation dans le dernier chapitre.

Toutefois en cas de problème, si l'on veut être sûr qu'il n'y a pas d'autre élément en solution, ou pour connaitre la quantité totale d'ions en solution de manière rapide (utile pour la repro de certains poissons), on peut avoir recours à un autre paramètre : la conducivité.
Ce paramètre est souvent mal connu, mal compris des aquariophiles alors qu'il est pourtant simple et utile. L'eau pure n'est pas capable de faire passer le courant. Mais on a vu précédemment que l'eau pure n'existe pas, et qu'elle contient toujours des ions. Et ce sont ces ions qui permettent au courant de traverser la solution.
Il suffit alors de mesurer la faculté de l'eau à laisser passer le courant pour en déduire la quantité d'ions qu'elle contient. Une eau qui contient beaucoup d'ions laissera passer le courant très facilement, elle aura une conductivité élevée. Et inversement une eau presque pure aura une conductivité faible.

Bien sûr la conductivité à elle seule ne permet pas de connaitre la quantité de chaque ion en solution, mais elle permet de connaitre la "charge ionique" de l'eau, et donc en quelque sorte son degré de pureté ( ne pas confondre avec propreté de l'eau).

5. Bilan : quelques tests bien effectués et bien compris permettent de connaitre la composition de l'eau :

Ainsi on a vu les différents solutés qui peuvent être présents en solution, et les tests qui permettent de les déceler. Pour bien comprendre et synthétiser tout celà, on peut représenter ceci de la manière suivante :

Ainsi avec 5 tests on connait les paramètres essentiels de l'eau, tant que l'eau n'est pas trop salée (NaCl) et qu'on a pas ajouté de sulfates (SO42-) ou de potassium (K+) en trop grande quantité. Dans ce cas, ou pour une mesure plus fine, la conductivité viendra apporter des renseignements plus précis.

En utilisant les paramètres étudiés précédemments, on peut ainsi classer différents types d'eau, qui correspondent à des origines géographiques particulières et abritent des populations tout aussi particulières :

II. Les différents types d'eau :

1. Eau dure et alcaline des grands lacs

Ce sont les eaux des grands lacs africains, et des lacs calcaires en général. Elles ont un KH élevé du fait de la nature des roches, et un pH élevé par absence d'acides naurels. L'eau est souvent assez propre, et sa transparence permet aux algues benthiques (poussant au fond) de se développer. C'est pourquoi un grand nombre de cihclidés des lacs africains sont qualifiés de 'brouteurs' .

Le plus souvent, en France, l'eau de conduite aura ces caractéristiques. Si on utilise cette eau il faudra alors adapter poissons et plantes à cette dureté :
Très peu de plantes aquatiques poussent dans ces lacs, mais certaines plantes supportent tout de même ces paramètres. Citons notamment les anubias, les fougères de Java, la mousse de Java, les vallisneria, les lentilles d'eau, elodée, echinos,...
De nombreux cichlidés apprécient et même ont besoin de ce type d'eau, mais d'autres poissons résistants s'y accomoderont : mollys, platys, guppys, cichlidés centraméricains, poissons européens, ...

2. Eau neutre

Une grande quantité de bacs sont à eau neutre, composée d'eau de conduite et d'eau osmosée. Son pH autour de 7 et sa dureté moyenne (10-15dGH) convient parfaitement à l'aquarium communautaire.
La plupart des plantes peuvent y vivre et de nombreux poissons s'y habitueront.

3. Eau "noire"

Ce type d'eau se rencontre en amazonie et en Asie principalement, dans les rivères à débit variable mouillant racines et feuilles d'arbres, la chargeant en tanin qui l'acidifie et la colore. Elle est jaune assez foncé, légèrement acide à très acide (5-6.5) et peu minéralisée. Elle convient aux poissons sauvages amazoniens (characidés), africains (phenaco) et asiatiques (cyprinidés). La plupart des plantes peuvent vivre dans ce type d'eau si l'apport en lumière et en CO2 et suffisant, car le manque de carbonates et de lumière est assez fréquent dans ces eaux très pauvres en minéraux et opaques.

4. Eau douce cristalline

Cette eau correspond aux rivières de montagnes ou de zones rocheuses. Elle est très douce mais proche de la neutralité, et dépourvu d'impureté. Les poissons d'eau noire peuvent y vivre, on les reproduit ou les élève souvent dans ce type d'eau pour faciliter l'acclimatation dans les bacs des commerçants.

C'est aussi ce type d'eau qui est la plus fréquente dans les bacs plantés, car elle permet d'avoir une eau douce (bon pour les plantes) tout en ayant une bonne pénétration de la lumière. Le KH est supérieur à 3 pour éviter les risques d'acidose (voir plus loin) mais généralement inférieur à 6 pour assurer une bonne croissance des plantes.


On a donc vu les différements paramètres et les types d'eau que l'on peut trouver, intéressons nous maintenant à la manière dont l'équilibre du bac peut modifier ces paramètres.
Il y a deux équilibres essentiels qui régulent deux systèmes de paramètres et dont la compréhension du phénomène est indispensable pour pouvoir réguler ces paramètres :
- le cycle de l'azote, ou système ammoniac-nitrites-nitrates
- l'équilibre carbonique aqueux ou système CO2-carbonates-pH

III. Le cycle de l'azote :

L'azote est un élément fondamental de la matière organique. Les animaux et les végétaux sont composés en grande partie d'azote et de carbone. En aquarium, le carbone est simplement dégradé en CO2 et est rejeté dans l'atmosphère ou consommé par les plantes, ce qui n'est pas le cas de l'azote dont le cycle est un peu plus compliqué :

L'azote est introduit dans l'aquarium essentiellement dans la nourriture, ou dans certains cas à partir de l'eau neuve qui en contient déjà. Il est rejetté par les poissons et s'accumule dans l'aquarium sous forme de déchets, de pourriture, etc.
Il est transofrmé transforme tout d'abord en ammonium NH4+ ou ammoniac (selon le pH). L'ammonium n'est pas nocif et est utile aux plantes, l'ammoniac est par contre toxique à faible dose.
Puis dans le filtre et le sol, en présence d'oxygène, les bactéries nitrosomonas transforment l'ammonium ou l'ammoniac en nitrites, toxiques pour les poissons. C'est pourquoi suite à une augmentation de la turbidité de l'eau (ammoniac), il est préférable d'effectuer un changement d'eau pour éviter toute intoxication des poissons.
Puis sous l'action des bactéries nitrobacter les nitrites sont transformés en nitrates, beaucoup moins toxiques mais s'accumulant dans l'eau. Ils sont consommés par les plantes et surtout les algues qui pullulent dans une concentration en nitrates élevée. Il y a parfois un phénomène particulier qui transforme les nitrates en azote gazeux, observable notamment dans le sol lorsqu'il manque d'oxygène, mais c'est un cas particulier assez rare.
Les plantes consommées par les poissons et leurs déchets remettent l'azote dans le cycle, et ainsi de suite. A part dans le cas de certaines cyanos qui peuvent prélever l'azote sous forme gazeuse, les nitrates sont la source principale d'azote des végétaux. Il est donc nécessaire de réguler cette quantité de manière à n'avoir ni trop ni trop peu de nitrates. Les changements d'eau sont le moyen le plus efficace de retirer l'excès de nitrates, à condition bien sûr que l'eau de remplacement ne soit pas déjà riche en nitrates.
Une solution alternative est d'avoir recour à un dénitrateur, ceci sera traité un peu plus loin.

La compréhension de ce cycle permet donc d'avoir de bons réflexes en cas de pollution. C'est le cycle le plus important, l'équilibre du bac en dépend.

IV. L'équilibre CO2, dureté, pH

En fait il s'agit d'une réaction chimique qui met en jeu ces trois facteurs : le CO2, les ions HCO3- responsables de la dureté, et les ions H+ caractérisant l'acidité de l'eau (pH).

Il s'agit de la réaction du CO2, qui est un acide, avec l'eau :
CO2 + H2O = HCO3- + H+

On peut traiter cet équilibre de plusieurs manières :
- L'ajout de CO2 produit des ions H+, ce qui acidifie l'eau : le pH diminue
- Pour un même pH (H+), l'augmentation de la dureté (HCO3-) provoque donc une augmentation du taux de CO2 dans l'eau.

C'est cet équilibre qui permet d'expliquer de nombreux phénomènes :

1. Mesure indirecte du taux de CO2
La plupart des aquariophiles n'utilisent pas de sonde à CO2, mais un test colorimétrique qui mesure le pH : si on connait le KH (HCO3-) et le pH (H+) on connait donc la quantité de CO2 dissoute.
Ceci n'est cependant valable que si le CO2 est le seul acide en solution. En effet, si on ajoute H+ avec un autre élément, HCO3- n'augmentera pas, et l'équilibre précédent ne sera pas (ou peu déplacé) : la relation entre pH et CO2 sera différente.
Cette mesure est donc imprécise dans les bacs filtrés sur tourbe ou comportant une racine récente.

2. Influence du KH sur le pH
C'est en fait le phénomène inverse du précédent : le taux de CO2 est constant, et on en déduit donc le pH.
Si on n'injecte pas de CO2 dans le bac, et qu'il est bien brassé, la quantité de CO2 dans le bac est donc constante puisqu'en équilibre avec celle de l'atmosphère. On voit donc que si on ajoute HCO3- (KH élevé), on va déplacer l'équilibre vers la gauche : rejet de CO2 et élévation du pH. Et inversement si on diminue le pH. Le KH permet donc plus ou moins de déterminer le pH : une eau dure aura tendance à avoir un pH élevé, tandis qu'une eau douce aura au contraire un KH plus faible.

3. Pouvoir tampon du KH
On dit souvent qu'un KH élevé joue le rôle de tampon à l'acidité, et empêche donc le pH de diminuer. En fait c'est du au fait que le CO2 est un diacide, c'est à dire qu'après la réaction précédente avec l'eau, peut se produire une seconde réaction de HCO3- sur H20, ce qui donne :
CO2 + 2 H2O = HCO3- + H+ + H2O = CO32- + 2 H+
Et si on étudiait le pH en fonction de la quantité de CO2, on verrait sur cette courbe de diacide un palier (pH stable) si la dureté n'est pas trop faible. Ceci est dû au fait que les carbonates réagissent avec les acides et les neutralisent. Il est donc préférable de maintenir KH > 3 pour limiter les risque de variations brutales du pH.

4. Présence de calcaire dans les bacs très agités ou chauffés
Si on couple la réaction précédente avec la réaction de précipitation du calcaire (CaCO3), on obtient :
Ca2+ + 2 HCO3- = CaCO3 + CO2 + H20
De plus lorsqu'on agite la surface ou que l'on chauffe l'eau, on favorise la fuite du CO2 dans l'atmosphère : la baisse du taux de CO2 déplace l'équilibre vers la droite, et donc favorise la formation de calcaire.

Ainsi KH, pH et taux de CO2 sont liés entre eux, et le fait d'agir sur l'un d'entre eux permet donc d'agir indirectement sur les autres. La compréhension de ces phénomènes va être utile pour le paragraphe suivant :

V. Modifier les paramètres de l'eau :

Pour répondre du mieux qu'on peut aux besoins de nos petits protégés, il est nécessaire d'ajuster les paramètres de l'eau en fonction des poissons que l'on maintient. Etant donné que tous les poissons ne se contentent pas d'eau du robinet, et que pour une même eau de conduite, chaque bac réagit différemment, il peut être nécessaire de modifier les paramètres de l'eau du bac :

1. La dureté :
C'est le premier paramètre à ajuster dans un aquarium. Il dépend essentiellement de l'eau que l'on introduit dans le bac. En effet à moins d'avoir un bac à cichlidé avec des pierres calcaires, l'unique source de carbonates (KH) du bac sera l'eau ajoutée lors des changements d'eau. Il en est de même pour les ions responsables du GH.
Pour augmenter le KH, il suffit d'utiliser de l'eau dure pour les changements d'eau. Le plus souvent c'est le cas de l'eau de conduite. Sinon on peut utiliser de l'eau en bouteille ayant un KH élevé tant que les besoins sont modérés. En dernier recours on pourra utiliser des sels reminéralisant qui permettent de recréer de l'eau dure. L'utilisation de calcaire peut aussi fonctionner mais il faut pour celà disposer de calcaire pur et le dosage n'est pas facile étant donné la dissolution extremement lente du calcaire dans l'eau.
Pour diminuer le KH, il n'y a qu'une seule solution : utiliser de l'eau douce. On peut utiliser de l'eau de pluie, de l'eau osmosée ou au pire déminéralisée avec ajout de sels. L'ajout d'eau adoucie avec un adoucisseur domestique, fonctionnant avec des sels ou résines échangeuses d'ions est à proscrire. En effet ils ne font que remplacer les carbonates par d'autres ions et créent donc un gros déséquilibre.

2. Le pH :
Pour faire varier le pH, il y a plusieurs possibilités. Soit on joue sur le pouvoir tampon de l'eau (voir plus haut), soit sur la quantité d'acides présents dans l'eau.
Pour faire varier le pH par le pouvoir tampon, on modifie donc le KH . On augmente le KH pour augmenter le pH et inversement, par le biais des méthodes citées précédemment.
Le plus souvent même avec un KH faible il est difficile de faire baisser le pH très bas de manière stable, et il est donc préférable de garder un KH de 3 à 6 mais d'ajouter des acides. Le plus souvent l'ajout de CO2 est efficace, mais il faut pouvoir maitriser l'apport de CO2 car le pH en dépend alors directement. Un manque de CO2 brutal se traduira par une remontée brutale du pH, avec toutes les conséquences qui en découlent... On peut utiliser des méthodes plus douces, en introduisant une racine qui relachera d'une part des acides et d'autres part diminuera le pH tampon. Bien souvent son action est assez importante au début puis elle regresse lentement, et c'est dans cette phase qu'on peut l'utiliser pour stabiliser le pH à une valeur faible. On peut utiliser aussi la tourbe, dont l'efficacité est toutefois limitée dans le temps. Et il n'est donc pas toujours évident de maintenir un pH à une valeur constante.
Pour augmenter le pH c'est assez simple, il suffit de brasser l'eau pour faire partir le CO2, c'est souvent très efficace. Mais les plantes n'apprécient ni la hausse du pH, ni le manque de CO2, à utiliser uniquement pour les bacs d'élevage et à cichlidés.

3. Nitrites et nitrates :
Pour diminuer leur concentration rapidement, la seule solution est un bon gros changement d'eau pour rétablir un taux plus acceptable, puis quelques autres changements d'eau de manière à diminuer encore le taux, ou au moins l'empêcher de remonter. Il faudra par ailleurs trouver rapidement la cause de ce problème pour l'héradiquer.
Pour les nitrites, il résultent d'un dysfonctionnement du cycle de l'azote. Vérifier que le filtre tourne encore et qu'il n'est pas encrassé. Vérifiez aussi qu'il n'y ai pas des poissons morts en trop grand nombre par rapport à la capacité de nettoyage du filtre. Un ajout ponctuel de permanganate permet de transformer les nitrites en nitrates, mais ce n'est qu'une solution temporaire. Il faut diminuer la pollution (moins de poissons, moins de nourriture) et améliorer la filtration, ou la refaire fonctionner en nettoyant le filtre et en ajoutant des bactéries.
Pour les nitrates, ils sont le maillon final de la chaine de dégradation de l'azote. Le plus simple et de réduire la source primaire, en diminuant le nombre de poissons et la quantité de nourriture. Des nettoyages fréquents des masses filtrantes, des syphonnages des déchets qui s'accumulent dans le sol, etc contribuent à éviter la formation de ces substances. On peut aussi augmenter la quantité de plantes et ajouter du CO2 pour augmenter leur consommation de nitrates. Si celà ne suffit pas, il faut faire de réguliers changements d'eau pour empêcher ce taux de monter trop haut.
Il existe aussi des appareils appelés dénitrateurs, qui recréent un milieu anaérobie pour favoriser le développement de bactéries qui tranforment les nitrates en azote. Il n'est cependant pas toujours évident de maitriser la consommation en nitrates de l'appareil, et les bactéries ne consomment pas que des nitrates, ce qui peut parfois poser des problèmes de déséquilibre ionique.

On a donc traité les paramètres principaux et la manière de les faire évoluer. Il existe toutefois d'autres substances présentes en plus petites quantités dans l'eau, et indispensables à la croissance des plantes : les oligo éléments. Intéréssons nous donc en dernier lieu à ces oligo éléments et à l'ensemble des éléments fertilisants :

VI. Les éléments fertilisants

Pour leur croissance, les plantes ont besoin d'un certain nombres de substances : nitrates, phosphates, potassium, fer, manganèse, cuivre, etc.
Nitrates, phosphates et potassium sont présents (ou devraient l'être) en grande quantité : de 1 à 20ppm.
Les autres éléments sont présents en plus faible quantité, on les appelle donc oligo-éléments. On a l'habitude d'accorder beaucoup d'importance au fer car il est facilement mesurable, mais les autres oligo éléments sont tout aussi important. Une concentration de 0.01 à 0.1ppm est souhaitable.

Si nitrates et phosphates sont produits par les déjections des poissons en quantités souvent suffisantes, il est nécessaire d'ajouter du potassium et des oligo-éléments pour satisafaire les besoins de plantes.
Aucun souci pour le potassium, c'est un ion très soluble qui reste en solution, il est d'ailleurs représenté dans le schéma du premier paragraphe. Ce n'est pas le cas des oligo éléments qui ne restent pas en solution, ils réagissent avec divers substances de l'eau et entre eux pour former des précipiter, c'est à dire qu'ils se tranforment en solide. Ils ne restent donc pas longtemps disponibles pour les plantes.

Heureusement, les fabricants d'engrais ont trouvé une parade à ce problème : ils ajoutent des substances dans leurs produits, appelées chélateurs, qui permettent d'empêcher la précipitation des oligo éléments. Ainsi le chélateur le plus courant, l'EDTA, utilisé pour son prix modéré, empêche ou du moins retarde de manière signifactive la précipitation des oligo éléments (de quelques jours à plusieurs semaines). Il a en effet un gros défaut : il est sensible au pH. C'est à dire que lorsque le pH augmente, il n'est plus capable d'assurer son rôle de chélateur. Par exemple le Fer-EDTA en concentration 'aquariophile' précipite pour un pH supérieur à 5.26 : il n'empêche donc pas de manière absolue la précipitation. Mais il la retarde tout de même beaucoup. A pH 6.5, la quantité de fer précipitée en quelques jours est le plus souvent négligeable.

Ceci est valable pour les autres oligo éléments, et le temps de subsistence en solution varie d'un oligo élément à l'autre, et en fonction des conditions du milieu : pH, concentrations, etc. Ces substances ne sont donc présentes qu'à l'état de traces dans l'eau de l'aquarium, et il est donc préférable d'en ajouter régulièrement dans l'aquarium pour en mettre à disposition des plantes en permanence. Un ajout hebdomadaire est nécessaire, voire journalier dans certains bacs.

Tous ces précipités se retrouvent dans le sol sous forme solide, mais peuvent être réutilisés par les racines des plantes. En effet elles créent une acidification locale lorsque la circulation dans le sol est limitée ou utilisent des champignons si au contraire le sol est bien oxygéné, ce qui leur permet de récupérer ces substances. Mais il est pour elles bien moins couteux en énergie de les prélever directement dans l'eau.

CONCLUSION

L'eau de l'aquarium est donc une solution aqueuse qui comporte comme solutés :
- différents minéraux dont on peut mesurer les concentrations par la mesure de quelques paramètres de l'eau : KH, GH, pH, ...
- des oligo éléments, qui ne restent pas longtemps en solution, et dont seul le fer est actuellement mesurable avec les tests aquariophiles.

Il existe différents équilibres important qu'il est important de comprendre pour maitriser les paramètres du bac : le cycle de l'azote et l'équilibre dureté-pH. La compréhension de ces différents phénomènes permet alors d'ajuster les paramètres du bac de manière à répondre aux besoins des poissons et des plantes.

Commentaires :
Commentaires
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emile  - concerne l'eau   | 2010-03-12 18:29:20
bonsoir
je viens de lire votre dossier sur l'eau de l'aquarium et pouvez vous
svp m'informer:
un collegue vient de me dire de mettre dans mon 200l de l'eau
passant par mon adoucisseur menager. (bien sur en ne changeant que
progressivement )
qu'en pensez vous?
(la population est de chiclidés malawi)
Endlersman   | 2010-07-31 12:24:06
je suis totalement contre ce genre d'appareil, aussi bien pour la santé que
pour les aquariums. Mais je suis locataire et obligé d'utiliser cette eau, et
je n'ai vu que de légère modifications depuis que je l'utilise. Les algues ont
changé de type et sont un peu plus présentes. Mais rien de bien méchant. Le
mieux est quand même d'utiliser le bypass au moment du changement d'eau, mieux
vaut une eau calcaire qu'une eau adoucie salée...
Anonyme   | 2010-02-15 20:06:34
tu a fait une erreur ph -7 c'est acide et non basique
Endlersman   | 2010-07-31 12:21:30
J'ai rectifié

Merci !


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Mise à jour le Lundi, 03 Janvier 2011 13:41